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Conseils du chineur

Reconnaître un miroir ancien : glace, tain et dorure

En photo, un miroir doré du XIXe siècle et une copie récente se ressemblent beaucoup. Voici où regarder pour faire la différence.

Grand miroir à parecloses en bois et stuc doré, style Louis XVI, XIXe siècle
Grand miroir à parecloses en bois et stuc doré, style Louis XVI, XIXe siècle

1. La glace

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les glaces étaient étamées avec un amalgame d’étain et de mercure. Ce tain ancien renvoie un reflet un peu gris et doux, et il s’altère avec le temps en taches cristallines, en voiles ou en petites coulures. Ensuite, l’argenture s’est généralisée : le reflet est plus clair, et le vieillissement prend la forme de piqûres noires ou brunes.

Une glace ancienne présente souvent de légères ondulations ou de petites bulles, visibles en regardant le reflet d’une ligne droite. Une glace parfaitement plane et un reflet très net indiquent en général une glace remplacée ou récente, ce qui n’empêche pas le cadre d’être ancien.

2. Les piqûres et l’oxydation

Le vieillissement naturel est irrégulier : plus marqué sur les bords et dans les angles, là où l’humidité a pénétré. Un vieillissement trop uniforme, réparti en motifs réguliers sur toute la surface, est souvent artificiel : c’est le cas des glaces « vieillies » fabriquées aujourd’hui pour la décoration.

3. Le biseau et les parecloses

Sur les miroirs anciens, le biseau était taillé et poli à la main : il est large, doux et parfois légèrement irrégulier. Les miroirs à parecloses, encadrés de bandes de glace biseautées ou décorées, ont été très en vogue sous Napoléon III et dans le goût vénitien.

4. Le dos du miroir

C’est souvent là que tout se joue. Un dos ancien est fermé par des planches de bois, généralement du sapin, assombries par le temps et fixées avec des pointes anciennes. On y trouve parfois du papier ancien, une étiquette de doreur ou de miroitier. Un dos en contreplaqué ou en aggloméré, fixé avec des agrafes, signale une fabrication récente ou un miroir remonté.

5. La dorure

Une vraie dorure à la feuille d’or est posée sur un apprêt blanc, puis sur une couche rouge ou ocre, l’assiette. Avec l’usure, cette couche rouge apparaît sur les reliefs : c’est un bon signe d’ancienneté. Une peinture dorée, ou bronzine, a un aspect plus pâteux et noircit en vieillissant.

Au XIXe siècle, la plupart des cadres dorés associent un bâti en bois et des ornements en stuc moulé. Les petits manques de stuc, qui laissent voir le plâtre ou le bois, sont fréquents et normaux à cet âge.

6. Entretenir un miroir ancien

Ne vaporisez jamais de produit liquide directement sur la glace : il s’infiltre sur les bords et attaque le tain. Passez un chiffon doux à peine humide. Pour la dorure, un simple pinceau doux suffit. Évitez toute retouche à la peinture dorée, qui ferait perdre beaucoup de valeur au miroir. Pour un modèle lourd, fixez-le avec deux points d’accroche solides, adaptés au poids et au mur.

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